◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘
Né le 5 août 1850 au château de Miromesnil en Normandie, Guy de Maupassant fit ses études à Rouen, avant d'occuper un poste de fonctionnaire à Paris. Son éducation littéraire se fit auprès de Flaubert, auquel sa famille était liée. Son tout premier récit, qu'il avait écrit pour le recueil des Soirées de Medan, fut une nouvelle naturaliste, Boule-de-Suif (1880), qui le fit connaître des milieux littéraires parisiens. L'héroïne de cette nouvelle cynique est une prostituée candide ; celle-ci, à l'occasion d'un épisode scabreux, y apparaît bien plus respectable que les honnêtes bourgeois prêts à la sacrifier sans état d'âme à un officier allemand. On trouve déjà là une thématique récurrente dans les nouvelles de Maupassant, celle de la très ordinaire monstruosité des êtres humains. Le style des nouvelles de Maupassant reprend quelques-uns des traits typiques de l'écriture réaliste et de l'école naturaliste. Ses récits comportent en outre des mots empruntés au patois normand (comme les romans de Barbey d'Aurevilly) ; les propos et les pensées des personnages sont d'ailleurs rapportés au style indirect libre, ce qui permet de mêler étroitement leurs idiolectes (langages spécifiques) à la narration. Entre réalisme et fantastique, les contes et nouvelles qui suivirent Boule-de-suif ont généralement pour cadre les paysages de la Normandie paysanne ou les cercles parisiens. On doit à Maupassant plus de trois cents nouvelles, qui furent publiées dans des recueils, dont les principaux sont la Maison Tellier (1881) et les Contes de la bécasse (1883). Dans ce dernier recueil, chaque nouvelle est narrée par l'un des personnages mis en scène dans le conte initial : par conséquent, l'organisation générale de l'ouvrage mime celle d'une soirée entre amis, au cours de laquelle chacun se fait conteur. Les autres recueils de Maupassant sont les Contes du jour et de la nuit (1885), la Main gauche (1889) et l'Inutile Beauté (1890). Parmi ces contes et nouvelles, certains sont célèbres : c'est le cas de la Maison Tellier, de Mademoiselle Fifi (1882) ou de la Parure (1884). Quant aux contes intitulés le Horla et la Chevelure, ils narrent une succession d'événements étranges, pour lesquels seule se révèle possible une explication surnaturelle. Les notations énigmatiques d'un narrateur en proie à une terreur panique font insensiblement basculer ces histoires dans le fantastique le plus inquiétant. Notons que Maupassant connut dans ses dernières années des troubles mentaux hallucinatoires comparables à ceux qu'il décrivit dans ses récits fantastiques. Parallèlement à ses récits courts, Maupassant a également écrit des romans, notamment Une vie (1883), qui décrit la triste existence d'une jeune femme mal mariée et malmenée impitoyablement par le sort et Bel Ami (1885), histoire de l'irrésistible ascension sociale d'un journaliste cynique et beau garçon, auquel une série de succès féminins permettent de réaliser ses ambitions sociales. Citons aussi Pierre et Jean (1888) et Notre C½ur (1890). Guy de Maupassant mourut à Paris le 6 juillet 1893 à 43 ans.
◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘•◘
XXI
"Comment il est démontré qu'il suffit d'un ami tendrement aimé pour alléger le poids des plus grands chagrins."